17 personnes ont perdu la vie à Marseille l’an passé à cause du narcotrafic, ont annoncé mardi les autorités lors d’une conférence de presse.
Le narcobanditisme a coûté la vie à 17 personnes en 2025 à Marseille, un chiffre encore en baisse par rapport aux précédentes années, ont annoncé mardi les autorités, qui se sont dites «estomaquées» par le nombre de consommateurs de drogue lors des contrôles. Tout en soulignant une «diminution du nombre de points de deal dans les quartiers nord» paupérisés de la deuxième ville de France, le procureur de Marseille Nicolas Bessone a reconnu «l’ouverture de nouveaux points de deal dans le centre de Marseille, qui avait été jusqu’à présent épargné.» Il s’exprimait lors d’une conférence de presse sur le sujet au côté du préfet des Bouches-du-Rhône Jacques Wikowski et de la préfète de police déléguée, Corinne Simon.
La constante baisse du nombre de «narchomicides» est mise en avant par les autorités: après un funeste record de 49 morts en 2023 – dont 4 victimes collatérales -, les violences en 2024 liées à la guerre des gangs pour le contrôle des points de deal avaient coûté la vie à 24 personnes dans les Bouches-du-Rhône. Mais 2025 a été marquée à nouveau par la mort de victimes collatérales, dont celle mi-novembre de Mehdi Kessaci, petit frère du militant anti-narcotrafic Amine Kessaci, sans doute un «crime d’intimidation» qui a bouleversé à Marseille et au-delà. Le procureur a évoqué «un point chaud qui demeure, un conflit larvé».
«Une guerre de territoires»
«Il y a très clairement une guerre de territoires dans le troisième arrondissement, entre une organisation issue de cet arrondissement et qui est très fortement implantée et avec l’organisation criminelle hégémonique sur Marseille qui a des velléités d’y rentrer», a ajouté M. Bessone sans citer la DZ Mafia dans un souci certainement de ne pas en faire une marque. De son côté, le préfet a rappelé que «quelqu’un qui achète et consomme régulièrement, participe au trafic.» Évoquant une vaste opération de contrôles lancée sur plusieurs jours fin janvier dans une vingtaine de villes du département, il a assuré qu’«une personne sur 12 était détentrice de stupéfiants», se disant «estomaqué» par ce chiffre.
Au total, «plus de 17 kg de cannabis et 300 grammes de cocaïne» ont été saisis auprès de 390 personnes, sur quelque 5.000 personnes contrôlées, a-t-il dit affirmant son ambition de «reconquérir la sécurité du quotidien». Il a évoqué «un pilonnage» par les forces de l’ordre pour «mieux sécuriser les secteurs autour des zones criminogènes et notamment les points de deal.» De son côté, la préfète de police déléguée a rappelé qu’en trois ans le nombre de points de deal avait été «diminué par deux», passant de plus de 160 à «80 à peine sur le périmètre de Marseille.»
