EXCLUSIF. Tout au long des municipales 2026, actu Lyon publie des tribunes pour faire vivre le débat. Les candidats et leurs soutiens mais aussi les acteurs de la société civile ont la parole pour animer la campagne.
La campagne du second tour des municipales 2026 à Lyon commence. Distancé de peu et par surprise par Grégory Doucet, le maire sortant, le candidat Jean-Michel Aulas est placé en ballotage défavorable alors que des discussions entre l’élu écologiste et LFI sont ouvertes depuis quelques heures.
Dans une tribune que nous publions en exclusivité ce lundi 16 mars, Jean-Michel Aulas dénonce la possible alliance entre le maire sortant et LFI, appelle à un barrage contre le parti de Jean-Luc Mélenchon. Le candidat soutenu par la droite et le centre estime que Grégory Doucet doit faire comme les candidats de gauche à Paris et Marseille en refusant son alliance avec la France insoumise. Aulas conditionne aussi un débat télévisé de second tour à cela. « Si l’avenir de notre ville vous tient à cœur, si vous voulez débattre devant les Lyonnais, alors renoncez à cette trahison », intime Jean-Michel Aulas sur actu Lyon.
Voici sa tribune en intégralité.
« Comment osez-vous pactiser avec La France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon ? »
Au soir du premier tour, un fait s’impose : deux tiers des Lyonnaises et des Lyonnais ont exprimé un désir de changement. Je tiens à remercier celles et ceux d’entre eux qui ont voté pour les listes de Cœur Lyonnais et Grand Cœur Lyonnais, et je les appelle à rester plus que jamais mobilisés pour le second tour.
Car ce scrutin place désormais notre ville face à une question existentielle. Une question qui va largement déterminer le vote de dimanche prochain et qui engage, en réalité, la nature même du prochain mandat.
C’est cette question que je pose aujourd’hui publiquement et sans détours à Grégory Doucet : comment osez-vous pactiser avec La France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon pour conserver votre fauteuil ? Allez-vous sacrifier l’avenir de Lyon à votre ambition personnelle ?
De très nombreux Lyonnais exigent de vous cette clarification rapide et sans ambiguïté, y compris parmi vos électeurs. Et ils ont raison. Les Lyonnaises et les Lyonnais ont le droit de savoir si vous comptez, M. Doucet, intégrer l’extrême-gauche dans vos équipes et placer notre ville sous son influence.
« La réélection de M. Doucet dimanche serait une catastrophe sans précédent »
Dans le cas d’une telle alliance de la honte, je le dis avec gravité aux Lyonnaises et aux Lyonnais : la réélection de M. Doucet dimanche prochain serait une catastrophe sans précédent pour notre ville.
Le contexte n’a plus rien à voir avec celui d’il y a six ans. Après six années de mandat de Grégory Doucet, pendant lesquelles Lyon en est sortie abimée et les plus démunis affaiblis, La France Insoumise sort renforcée à Lyon, puisqu’elle double son nombre d’électeurs par rapport à 2020.
Oui, le grand profiteur du mandat de M. Doucet, c’est le parti de Jean-Luc Mélenchon.
Pour espérer rester maire, M. Doucet n’a plus d’autre choix que de placer son mandat entre les mains de cette extrême gauche qu’il a contribué à renforcer. C’est la terrible loi des compromissions avec les extrêmes : les extrêmes finissent toujours par vous absorber et vous imposer leur loi.
Le débat de l’entre-deux-tours dans la balance
Dans ces conditions, aucun débat de fond véritable ne devrait pouvoir se tenir avec un candidat qui privilégie une alliance électoraliste à l’intérêt supérieur des Lyonnais. Il ne saurait y avoir de confrontation républicaine sereine lorsque les idées passent au second plan au profit d’un arrangement avec ce que l’extrême-gauche représente de pire : sectarisme, intimidation, violence verbale et parfois violence physique, complaisances dangereuses et ambiguïtés face à l’antisémitisme.
Car débattre sereinement avec les extrêmes, c’est déjà prendre le risque de les banaliser. Et banaliser les extrêmes, c’est toujours ouvrir la porte aux plus graves dérives en termes de démocratie et de paix.
Si l’avenir de notre ville vous tient à cœur, si vous voulez débattre devant les Lyonnais, alors renoncez à cette trahison. Ayez le courage de dire clairement que vous refusez toute alliance avec Jean-Luc Mélenchon. Nous pourrons ainsi débattre, projet contre projet.
« M. Doucet : quand on pactise avec le diable, on finit toujours par en payer le prix »
Je vous le dis avec gravité, M. Doucet : quand on pactise avec le diable, on finit toujours par en payer le prix. Et ici, ce sont les Lyonnaises et les Lyonnais qui le paieront.
Car l’âme de notre ville est bel et bien en danger. Les Lyonnais de droite, du centre comme de la gauche républicaine savent ce qui attend notre ville pour les sept années à venir si cette alliance devait se concrétiser : un mandat de radicalité, d’outrances idéologiques, d’expérimentations hasardeuses et dangereuses. Une ville qui amplifierait son déclin et deviendrait chaque jour encore plus difficile à vivre pour celles et ceux qui y travaillent, y entreprennent, y élèvent leurs enfants.
Allons-nous laisser l’extrême-gauche ruiner l’avenir de Lyon ?
Un appel à ceux qui « ne souhaitent pas voir Lyon devenir le premier fief mélenchoniste de France »
Je veux m’adresser à tous les électeurs républicains de notre ville. À celles et ceux qui ont voté pour moi. À celles et ceux qui ont voté pour d’autres candidats. À celles et ceux qui se sont abstenus. Et même à celles et ceux qui ont choisi Grégory Doucet au premier tour mais qui ne souhaitent pas voir Lyon devenir le premier fief mélenchoniste de France.
Je m’adresse à tous les Lyonnais avec une question simple et sincère : quel avenir voulez-vous pour votre ville et pour votre quotidien ?
L’avenir que je défends, il est clair et vous le connaissez. Organisé autour de la société civile et des partis républicains. Davantage de moyens humains pour garantir la sécurité dans tous les quartiers. Une justice sociale efficace en redonnant du pouvoir d’achat aux plus modestes. Un soutien déterminé aux associations, aux petits commerçants, à nos artisans, à tous ceux qui font vivre nos quartiers et qui font battre le cœur de notre ville.
Ce qui se joue dimanche prochain dépasse très largement le choix d’un maire. Ce qui se joue, c’est la capacité de Lyon à rester une ville d’équilibre, de responsabilité et de mesure.
Les manœuvres employées dans cette campagne sont nouvelles, pour moi qui ai toujours été respectueux des règles et des personnes. Depuis le premier jour, j’ai parlé aux Lyonnaises et aux Lyonnais avec mon cœur, avec franchise, pour défendre mon projet et mes convictions. Parce que leurs préoccupations, leurs difficultés, leur attachement profond à Lyon, je les partage pleinement.
« Je veux surtout montrer aux Lyonnaises et aux Lyonnais qu’on peut être un maire de rassemblement »
C’est cela qui me donne aujourd’hui l’énergie de m’engager encore plus pour améliorer leur vie quotidienne : leur sécurité, leur pouvoir d’achat, leur qualité de vie. Pour leur permettre d’être de nouveau fiers de vivre dans une ville qui protège les plus fragiles sans renoncer à son dynamisme économique. Pour montrer qu’on peut défendre une écologie ambitieuse sans sombrer dans les impasses de la décroissance ni dans les dérives de la violence politique.
Je veux surtout montrer aux Lyonnaises et aux Lyonnais qu’on peut être un maire de rassemblement. On peut diriger Lyon avec détermination, prendre des décisions fortes, sans pour autant diviser les habitants ni les dresser les uns contre les autres. On peut faire avancer notre ville avec pragmatisme, en cherchant des solutions concrètes plutôt que des affrontements idéologiques.
Dimanche prochain, chères Lyonnaises, chers Lyonnais, vous ne choisirez pas simplement entre deux personnes. Vous choisirez entre deux scénarios déterminants pour l’avenir de notre ville.
« Je lance aujourd’hui cet appel au sursaut collectif »
C’est pourquoi j’en appelle aujourd’hui au sens des responsabilités de tous ceux qui aiment Lyon. Au-delà des étiquettes, au-delà des appartenances partisanes, il est fondamental de nous unir.
Je lance aujourd’hui cet appel au sursaut collectif. J’appelle tous les humanistes et tous les démocrates de Lyon à se rassembler. J’appelle toutes celles et tous ceux qui refusent la radicalité et la division à se mobiliser pour empêcher La France insoumise de diriger Lyon, comme s’apprêtent à le faire Paris et Marseille.
Lyon est une ville trop grande, trop belle et trop précieuse, que nous aimons tellement, pour sombrer dans les extrêmes.
Dimanche prochain, ensemble, rendons à Lyon sa sérénité, son rayonnement et son audace.
Par Jean-Michel Aulas
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