CHRONIQUE – Dimanche, ils seront 60.000 à prendre le départ du marathon de Paris. Il y a cinq ans, je me moquais de ces gens. Aujourd’hui, je suis capable de disserter pendant vingt minutes sur la meilleure stratégie de ravitaillement entre le 30 et le 35e kilomètre.

Emprunter le métro entre 6h et 7h, le dimanche du marathon de Paris, est une expérience anthropologico-sociologique fascinante. Les yeux gorgés d’alcool des fêtards croisent les regards des travailleurs qui signeraient, sans aucun doute, pour ne pas se trouver là, et ceux des coureurs, dossard épinglé sur la poitrine, prêts à s’époumoner pendant 42,195 kilomètres. Dans une seule rame, trois castes : ceux qui trompent la réalité dans l’ivresse, ceux qui la subissent et ceux qui tentent de se prouver qu’ils la contrôlent encore.

Cette année, ils seront 60.000 à s’élancer, par vagues successives, sur les Champs-Élysées, ce 12 avril. Un record. Il y a quelques années, je regardais ces gens avec un joyeux mépris. Par « ces gens », j’entends : ce cousin qui refuse désormais un verre de vin parce que « demain matin, c’est sortie longue », cet ami qui enfile un gilet d’hydratation pour faire trois fois le tour du parc, ou ce voisin tout content d’expliquer que son dernier « footing…

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