On avait tort, peut-être, de s’inquiéter pour plus tard. Il fallait s’inquiéter pour tout de suite, et pour le destin d’une équipe boiteuse, qui cherche son souffle, ses jambes et sa confiance, court doucement après un ciment collectif qui l’a désertée, et qui réagit moins comme une équipe à l’adversité. Ce n’est pas un accident, c’est une continuité. Balayé par un remarquable Monaco (1-3) ce vendredi, le PSG va devoir montrer bien autre chose, d’abord pour passer l’hiver et survivre à son huitième de finale de Ligue des champions face à Chelsea, ensuite pour conserver son titre de champion de France.

Battus pour la quatrième fois en 2026, et à cinq jours de la première manche face aux Blues, au Parc, les champions d’Europe en titre ont affiché une inquiétante constance dans leur manière d’aussi mal défendre, de ne plus avoir d’impact, et d’attaquer avec aussi peu d’étincelles. Qu’il ne reste pas grand-chose de leur ancienne sarabande, depuis plusieurs semaines, est explicable, en regard des épuisements et des blessures, mais rien ne justifie qu’il reste aussi peu de leur superbe esprit du printemps dernier. Ce n’est pas une alerte, parce que cela fait longtemps que le danger est annoncé, que les Parisiens se contentent de trop peu, et que Luis Enrique choisit trop facilement la câlinothérapie dans son management public. Il faut, clairement, que le PSG cesse de penser que cela ira forcément mieux, bientôt, parce qu’il n’y a pas de raison.

À 11 contre 11, c’est décidément autre chose, entre ces deux-là, et Monaco a frappé un grand coup, dix jours après son élimination européenne (2-3, 2-2), en conservant le même plan : laisser le ballon à Paris, mais l’agresser dans son camp par son impact et son marquage individuel, et le transpercer de toutes les flèches possibles. Luis Enrique, qui s’intéresse assez peu aux questions, ces derniers temps, n’est pas parvenu à trouver les réponses à un problème aussi prévisible, parce que ses choix sont équivalents, ce qui n’est jamais bon signe, et parce que ses joueurs ont moins de flamme.

Luis Enrique a été battu deux fois dans la soirée

Après une immense occasion manquée de la tête par Denis Zakaria (4e) et le sauvetage de Philipp Köhn devant Achraf Hakimi (6e), une erreur de Warren Zaïre-Emery a fait basculer la soirée, sur un dribble de trop qui a mené au but de Maghnes Akliouche (27e). Avant, quand un Parisien récupérait un ballon et gagnait du temps par un dribble de dégagement, le jeu s’ouvrait, mais là, au bout de trois dribbles, tout est resté fermé et Zaïre-Emery a été puni, payant aussi l’usure athlétique et mentale d’une 34e titularisation d’affilée.

Luis Enrique, une nouvelle fois résigné à modifier son choix initial et à décaler Bradley Barcola à gauche (34e) pour trouver de la profondeur, a été battu deux fois, au fond, dans la soirée : par le plan de départ de Sébastien Pocognoli, et par le coaching de l’entraîneur monégasque, survenu plus tôt que le sien (54e contre 60e), avec le 2-0 d’Alexandre Golovine sur son premier ballon (55e), alors que Willian Pacho couvrait.

Entre la fermeture partielle du virage Auteuil et l’ouverture permanente de la défense parisienne, qui vient d’encaisser sept buts en trois matches face à Monaco, la soirée du PSG a été morne et inquiétante, à peine réveillée par l’entrée en jeu d’Ousmane Dembélé (60e), dont les quelques accélérations ont été la seule bonne nouvelle parisienne de la soirée. Mais même le but de Barcola, sur une frappe déviée par Jordan Teze (71e), n’a pas changé le sens du match, tant les Monégasques ont eu d’occasions d’enfoncer Paris, très au-delà de leur troisième but sur une frappe de Folarin Balogun détournée par Nuno Mendes (73e).

La barre de Simon Adingra (88e) a souligné à quel point le PSG s’est fait trop facilement transpercer, parce qu’il est complètement désorganisé à la perte de balle, parce que son milieu sans Fabian Ruiz ni Joao Neves n’est vraiment pas le même, parce que son contre-pressing est un souvenir, et parce qu’il est désormais rattrapé par le doute, et une pointe de renoncement, on l’aurait juré. Il y a longtemps, déjà, que chacun a intégré que ce PSG ne pouvait plus être le favori de la Ligue des champions. Le voilà essentiellement favori aux ennuis, à cinq jours de son match aller face à Chelsea, mercredi soir (21 heures). Il s’avance sur un fil, sans armure, rongé par une confiance envolée, avec l’idée de se retrouver, ou de s’effacer, et la certitude qu’en jouant de cette manière, en Ligue des champions, il aura du mal à passer l’hiver.

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